28.05.2012

EMISSION n°98 : "ENRACINES !"

Ce dimanche, Méridien Zéro vous emmène transhumer sur les chemins de l'enracinement. Au programme, découverte du réseau MAS, des AMAPS, de la Maison Sociale et entretien avec un camarade revenu à la terre.

Emission enregistrée, montée et mixée par Igor.

enracinement, retour à la terre, pays, mas, marché des familles

DIFFUSION DE L'EMISSION LE DIMANCHE 27 MAI

          

19:29 Publié dans Emissions, Podcasts | Lien permanent | Commentaires (18) |

Commentaires

Je ne pense pas qu'il soit pertinent de résumer le paganisme à la nature et aux forêts, ça c'est une vision très moderne du paganisme. Nos anciens cherchaient d'ailleurs à domestiquer leur territoire. D'où le rôle de la propriété terrienne dans la condition d'homme libre. Et aussi, je pense pas que le climat soit très différent à Syracuse, Sparte, Ephèse, ou Antioche... D'ailleurs les peuples sémites aussi étaient polythéistes (voir par exemple le culte à Ashera chez les israélites), ce sont des volontés politiques et des impératifs de survie qui ont conduit au monothéisme (voir Josias et l'Exil à Babylone). Ça n'a donc rien à voir avec le climat. De plus la Palestine, tout comme l’Égypte, étaient des régions agricoles dans l'Antiquité bien loin des "déserts" qu'on imagine par chez nous.

Écrit par : JB | 27.05.2012

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Je me permets de soumettre le fait qu'il n'y a pas de liberté chez les Germano-scandinaves en dehors du groupe comme dans toute société traditionnelle. Le felag des vikings en est un parfait exemple.

Écrit par : JB | 27.05.2012

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Wow, le coup de l'école à la maison et pour le coup "façon maison", m'inquiète un peu ... heureusement votre ami à l'air très mesuré et objectif ...

Émanent de quelqu'un qui se veut enraciné, prétendre que la meilleure option pour ses enfants est une vie de "woofing" donc de nomadisme, cela parait assez étrange.

Quand je pense enracinement, je pense langue régionale, c'est le stade supérieur, une langue différente de la langue officielle liée à un territoire précis, j'ajouterai une langue dont les mots ne sont pas "verrouillés", donc de refuge. C'est l'instrument incontournable de l'enracinement.

Votre invité m'a l'air d'un parisien qui a réussi son retour à la nature c'est indéniable. A-t-il réussi à se transformer en héritier de la tradition auvergnate ? c'est plus discutable .

Écrit par : Julien | 28.05.2012

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Bonjour

Emission très pertinente, qui m'a permis d'apprendre à militer de manière pragmatique notamment avec la découverte de l'AMAP.

Je mets un lien qui peut être interessant pour la formation des jeunes qui n'a rien de politique http://www.clubduvieuxmanoir.fr/ , c'est une association d’Education Populaire qui organise des chantiers de jeunes pour la sauvegarde du patrimoine Français.

PS: Sinon avec le recul finalement le Lt Sturm et Eugène sont modérés, leurs blagues peuvent paraitre politiquement corrects comparées à celle de l'invité. Et puis mettre le Lt et Eugène à gauche de quelqu'un jamais je n'aurai pu l'imaginé ;) .

Sinon continuez et bon courage

Écrit par : romain | 28.05.2012

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Bonjour

Emission très pertinente, qui m'a permis d'apprendre à militer de manière pragmatique notamment avec la découverte de l'AMAP.

Je mets un lien qui peut être interessant pour la formation des jeunes qui n'a rien de politique http://www.clubduvieuxmanoir.fr/ , c'est une association d’Education Populaire qui organise des chantiers de jeunes pour la sauvegarde du patrimoine français.

PS: Sinon les blagues du Lt Sturm et d'Eugène sont politiquement corrects comparé à celle de l'invité, et si on m'avais dit que le Lt et Eugène pouvaient être à la gauche de quelqu'un je ne l'aurais pas cru.

Sinon continuez vous êtes toujours aussi bons et pertinents.

Écrit par : romain | 28.05.2012

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Sans doute pour moi l'émission la plus pertinente ; au sens où elle synthétise tout ce que MZ a touché au fil du temps et qui vise à approfondir le sens de la communauté dont nous avons besoin ; jamais la distance entre la forme et le fond n'a été aussi mince ; j'admire Charles B. pour son intégrité militante puisque ses idées sont aussi la condition de sa forme de vie et sa forme de vie la condition de ses idées ; parvenu à ce niveau de cohérence, on doit effectivement se sentir accompli... Même si, cela va de soi, je ne le suivrai pas dans son rejet du christianisme : c'est bien connu qu'il n'y eut jamais d'authentiques paysans qui fussent aussi de parfaits chrétiens en Europe... Mais ce soir, je n'ai pas envie de polémiquer.

Enfin bravo aussi aux camarades W. et G.V. pour leurs réflexions finales. (n'ayant pas réussi à effrayer les enfants, ils ne doivent pas être si laids que ça !)

Écrit par : Béroald | 28.05.2012

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Sur l'intervention de Charles B. : j'ai trouvé un côté anar de gauche à cet intervenant : utilisation des subventions publics, refus de respecter les lois et l'autorité, alors que les paysans n'étaient pas des anarchistes à la Brassens ; à la rigueur, ils se révoltaient quand l'autorité les ennuyaient trop (taxes, razzias, etc.), mais la plupart du temps, les gendarmes (dont l'activité consistait principalement, dans les milieux ruraux, à arrêter les voleurs de poules) leur fichent une paix royale. Je réagis aussi à son paganisme "tordu" : un chrétien pense également la nature, puisqu'elle est Création de Dieu (il faut relire les premiers chapitres de la Genèse). Quant à dire que le Christ serait né dans un climat non-européen et donc que son message ne serait pas adapté aux Européens, c'est une blague, quand on sait que l'intervenant nous parle du Ragnarök (je doute qu'il s'agisse d'un terme enraciné dans les vieilles croyances auvergnates). Mais, si je trouve à redire dans certains de ses propos, je me dois de saluer son choix de retour à la terre qui, malheureusement, est loin de faire des émules dans la mouvance.

@ Julien : le "woofing" n'est pas un nomadisme, cela se rapproche d'avantage des activités agricoles saisonnières comme les vendanges : vous venez donner un coup de main pour une période donnée, sauf que là, vous le faites quand vous le pouvez/voulez, et non pas à un moment précis de l'année. Ça n'est pas un mode de vie, mais d'avantage une école pratique de la vie en collectivité en milieu rural. Quant aux langues régionales, il faut se faire une raison : elles sont vouées à être détruite par le monde moderne, tout comme à terme les langues nationales, pour la simple et bonne raison que la modernité tend à l'unification par la quantité et donc, rien n'exclut qu'à l'avenir, nous parlions un sabir anglo-hispano-chinois.


Petit conseil pratique pour l'équipe de MZ : la prochaine fois que vous faites une émission en extérieur, pensez à entourer les micros d'un cornet de papier légèrement plus grand que le micro, histoire d'éviter que le vent ne couvre les propos des intervenants.

Sinon, bravo pour avoir inclus dans votre programmation musicale "Vers la lumière" de Dernière Volonté. Je sais que cela représente du travail supplémentaire, mais vous serait-il possible d'inclure à l'avenir la liste des chansons diffusées lors des pauses musicales, surtout lors vos émissions itinérantes où vous ne les annoncez pas au micro (mais je suppose que vous les mixez une fois revenu dans les studios).

Encore merci pour ces émissions découvertes qui tiennent tant à cœur à Wilsdorf et qui permettent de découvrir plein de choses. J'espère qu'une fois que vous nous aurez fait découvrir toutes les activités du MAS, vous penserez aux autres structures de la mouvance au sens large et qui participent d'un même effort, quand bien même elles seraient sur une ligne différente de celle de la radio (mouvement scout, villages d'enfants, etc.)


Cordialement,
LO

Écrit par : LO | 29.05.2012

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Merci à tous pour vos commentaires.... et vos idées d'émissions à venir (de beaux projets en effet...)
Je vous joins ci-dessous les titres des pauses (extraits) musicales !!
-Dr Merlin: Solstice d'hiver (Péchés de Jeunesse 2002).
-Darkwood: Lied am Feuer (Notwendfeuer 2006).
-Folklore: Valse à Eugène Chabozy.
-Dernière volonté: Vers la Lumière (Les Blessures de l'Ombre 2003).
-Die Weisse Rose: The Solitary Volcano (A Martyrium Of White Roses 2009).

PS: @Béroald...effectivement, malgré nos efforts avec Gérard nous n'avons pas réussi à effrayer les enfants ;-)

Écrit par : Wilsdorf | 29.05.2012

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@LO: "Quant aux langues régionales, il faut se faire une raison : elles sont vouées à être détruite par le monde moderne, tout comme à terme les langues nationales, pour la simple et bonne raison que la modernité tend à l'unification par la quantité et donc, rien n'exclut qu'à l'avenir, nous parlions un sabir anglo-hispano-chinois."

Plutôt étrange cette réflexion. J'ai cru comprendre que vous étiez proche de Soral et donc sans doute fort peu disposé à l'égard des minorités ethniques autochtones de l'Hexagone. Chez Soral, on préfère apparemment les Français de fraiche date aux Européens de l'ouest. Pour autant, j'avoue être surpris par le propos. Le monde tend, a priori, vers la massification et l'uniformisation et nous devrions donc, au nom du Progrès ou du sens de l'histoire, renoncer à tout ce en quoi nous croyons en somme ? C'est bien cela ? Cessons de défendre l'intégrité physique des peuples européens, les langues de nos pères, la biodiversité qui est elle aussi menacée, etc... Si je fais le constat qu'on ne voit que des vieux de plus de 60 ans dans les églises, dois-je en conclure qu'il nous faut abandonner le christianisme ? Pour ma part c'est déjà fait, mais pour d'autres raisons... Mais je suis breton et chaque mot breton prononcé est un crachat à la gueule des cosmopolites (qu'ils portent le tricolore ou le drapeau du NOM). Je ne vais pas m'en priver.

Par ailleurs, une petite remarque sur le terme de "langue régionale" : qu'est-ce donc qu'une langue régionale ? Une langue c'est une langue, a priori. Ce vocable est utilisé à dessein pour mettre dans le même sac le néerlandais de Flandre, le breton, le catalan, le basque, etc avec des dialectes d'oil et donc discréditer les langues précitées. Qu'est-ce qu'une langue "régionale" ? Une sous-langue ? Le premier dictionnaire de français est aussi le premier dictionnaire trilingue breton-latin-français (le Catholicon de Jehan Lagadeuc). Le premier livre breton-latin (un traité de médecine) est antérieur à la naissance officielle du français lors du serment de Strasbourg...

Ma vefe ret din dilezel ar brezhoneg e tilezfen pep tra: ar stourm evit difenn hor sevenadurezh, hor gouenn hag ar peurrest...

Écrit par : Gurvan Penn Kalet | 31.05.2012

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Merci Gurvan Penn Kalet pour votre propos, vous illustrez parfaitement ce que j'abhorre chez les régionalistes : sous couvert de défense d'une identité menacée, on ne se gêne pas pour mettre un bon gros coup de poignard dans le dos de l'identité nationale, et tout en dénonçant la méchante politique centralisatrice jacobine de l'État-nation, on rêve en secret de faire la même chose en plus petit sur le territoire régional (le néo-breton a détruit la richesse du vrai breton qui reposait sur une foultitude de dialectes qui lui donnait sa vivacité, comme le fit le français avec les langues d'oïl). Le paradoxe édifiée en système.

Je n'ai jamais dis qu'il fallait "baisser son froc" devant la modernité (ce serait plutôt tout le contraire), mais il faudrait voir à ne pas non plus se boucher les yeux : de par sa situation géographique, la France est le carrefour de l'Europe de l'Ouest, ce qui l'amène, afin de conserver un État stable, à unifier la langue parlée sur son sol, qu'on s'en félicite ou qu'on s'en déplore (la question n'est pas là) ; l'Empire d'Autriche-Hongrie, qui était le frère ennemi de la France à l'Est, a opté pour une politique différente et il en est mort. Les régionalistes sont donc face à une alternative simple : la disparition de la langue qu'ils défendent, ou l'indépendance. Comme mon propos se voulait réaliste par rapport à la situation et non pas idéaliste, je pense qu'il faut simplement savoir se faire une raison. Mais libre à vous de vouloir dépenser votre énergie pour défendre une langue dont le nombre de locuteurs ne cessent de baisser et qui est VOUÉE À DISPARAÎTRE (j'insiste là-dessus, mais je ne m'en félicite pas pour autant).

Je remarque que, outre votre mépris pour le christianisme reposant sur des arguments bidons, vous ne vous gênez pas pour mépriser les langues d'oïl que vous prenez pour de "fausses langues" régionales ; le même raisonnement anime nos élites qui pensent que le globish doit devenir la langue universelle. Sans le savoir, vous jouez donc dans leur camp, et accessoirement dans le camp de Bruxelles, qui affaiblit les États-nations au profit des régions. Après que le premier dictionnaire écrit en France soit un dictionnaire breton, très bien (un ami breton m'en avait déjà parlé), mais je ne vois pas ce que cela change au problème : il y a une réalité qu'il faut prendre en compte et elle n'est est pas favorable à la position que vous défendez.

Et pour revenir sur vos insinuations, je ne suis pas soralien, la plupart de mes commentaires à ce sujet sur ce blog le démontre amplement. J'aime chez le bonhomme son ton et sa gouaille, sa capacité à remuer systématiquement tous ces auditeurs (en bien ou en mal, mais c'est toujours ça), mais après ses "analyses" me semblent bien fragiles (parfois risibles, parfois lamentables) et je pense qu'il en a pris conscience, à tel point qu'on risque dans les prochains mois de le voir se calmer sur ses grandes prédictions politiques, et en ce moment, il se recentre sur la question musulmane. À ce sujet d'ailleurs, je pense que les musulmans ont une utilité en Europe : ils montrent à un peuple fatigué qu'il n'est pas indispensable, et que la religion n'est pas une faiblesse mais une force. J'entends ici "religion" dans le sens sociologique du terme ("ce qui relit"), pas dans celui qu'en donne les néopaïens (cette "spiritualité" ne reliant d'ailleurs presque personne à qui ou à quoi que ce soit). Ou bien la rechristianisation, ou bien l'islamisation de l'Europe, mais je doute qu'il y ait d'autres possibilités pour revigorer les Européens.

Quant à votre phrase finale, je ne l'ai pas comprise, mais peut-être m'était-elle moins destinée qu'aux initiés bretonnant.


Cordialement,
LO

Écrit par : LO | 01.06.2012

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Cher LO,

Tout d'abord, je ne pensais pas vous fâcher en parlant de votre proximité supposée avec Soral et ses idées. J'avais cru comprendre, dans un commentaire sans doute trop rapidement lu il y a de cela un moment, que vous la revendiquiez. Dont acte. Mille excuses.

Une autre petite remarque préliminaire : je ne vous surprendrai sans doute pas en vous disant que je ne revendique en aucune façon le terme de "régionaliste" et encore moins de "provincialiste". La province c'est étymologiquement le "pays vaincu" et la région une partie d'un plus grand ensemble. Donc, Bretagne "région d'Europe", oui, mais je ne ferai pas pour autant du terme régionalisme une bannière (le régionaliste est l'amoureux de sa "petite patrie" qu'il souhaite maintenir, même avec quelques libertés, dans le cadre de la "grande patrie" hexagonale. Bref, ça n'est pas mon cas. La Bretagne de demain, je ne l'envisage que dans le cadre de l'empire européen... on a le droit de rêver!).

Mais qu'entendez-vous, vous, par "régionalisme" : entre le régionalisme gnangnan à la Mouvement Normand ou à la façon Bloc Identitaire et les nationalismes breton, basque ou corse, il y a en effet un gouffre. Je suppose que vous parlez en fait de nationalisme (nationalisme ethnique). Je ne vais pas m'attarder sur votre critique du renouveau identitaire breton sans doute influencée par des lectures de Hillard (qui est lui même sur la même ligne que les jacobins franc-macs de la Libre Pensée avec le côté conspirationniste en plus (Mélenchon et madame Le Pen également qui prétendent qu'il y a "9 langues bretonnes" inintelligibles les unes aux autres -sic-)).

Vous parlez de paradoxes en ce qui concerne le "régionalisme". Pourquoi pas. Mais vous êtes-vous plein de contradictions. Vous faites le constat que le breton perd des locuteurs, vous prétendez ne pas vous en réjouir mais, contrairement à d'autres langues d'Europe, à commencer comme vous le dites pourtant par le français, vous lui niez le droit de recourir à un certain standard écrit (qui existait pourtant en moyen-breton) qui seul lui permet de survivre en étant enseigné. Je conviens que la standardisation du breton s'est sans doute faite en oubliant certains trésors, notamment celui du dialecte vannetais beaucoup plus archaïsant et par là très intéressant. Il faudra sans doute revenir sur certains choix, mais ça n'enlève rien à la légitimité de la démarche.

Une autre de vos contradictions est la suivante : vous parlez de "coup de poignard dans le dos de l'identité nationale". Pour commencer évidemment, si la Bretagne participe de l'identité "nationale" française cela s'est fait de la façon dont on sait... Et c'est justement là que votre remarque tire au paradoxe, à l'absurde, voire à l'odieux. Grosso modo vous reprochez à la victime de se défendre. Si la la France, qui est une construction politique sans réalité charnelle (à la limite, parlons de l'"Etat français" plutôt que de "France" pour ne pas vous fâcher), n'étouffait pas notre pays, aurions-nous besoin de donner de petits coups de canifs (qui disons le ne lui font pas grand mal : ça n'est pas le nationalisme breton qui tuera la France). Je ne vais pas essayer de vous faire pleurer dans votre chaumière normande, le mouvement breton s'est trop longtemps complu dans cette attitude de pleureuse. A nous de construire ou de disparaitre. Les Bretons sont d'ailleurs largement responsables de la situation dans laquelle ils sont (à commencer par l'abandon de leur langue)... ce qui ne dédouane pas la France de sa responsabilité.

Concernant les "langues" d'oïl (je mets ici des guillemets à "langues" non pas par mépris, mais parce que l'emploi ou non de ce terme de préférence à "dialectes" fait l'objet de débats), je vais repréciser : je m'enorgueillis d'avoir un grand oncle du nom de Fernand Lechanteur, poète et écrivain qui a énormément fait pour l'identité normande, et qui était d'ailleurs une des références de Jean Mabire. J'ai un peu lu certains de ses ouvrages, je me suis aussi un peu penché sur le cas du parler gallo de Haute Bretagne. Tout cela est bel et bien joli, mais à l'écrit comme à l'oral un francophone comprend 80% du propos en normand ou en gallo. Je n'ai rien contre ces parlers. Je dis simplement qu'on ne peut pas mettre sur le même pied les parlers d'oïl, mis de côté par la standardisation du français, avec des langues totalement distinctes de ce dernier comme le basque ou le catalan. L'idée de "langues régionales" est de faire accroire à l'opinion publique que tout cela n'est qu'un fatras de parlers et patois divers et variés, reliquats d'une époque révolue et qu'on fait sembler de préserver pour faire plaisir à trois olibrius, producteurs de fromage de chèvre et en mal d'identité.
Comme vous le faites remarquer vous-même, vous avez été bien en peine de comprendre ma phrase finale en breton... (qui était effectivement un clin d'oeil destiné à certains initiés - de votre connaissance m'a-t-on dit - et ne visait aucunement à vous snober)

Bref, je ne pensais pas vous faire réagir de la sorte. J'avais noté que vous prédisiez le même sort aux langues dites "nationales" (c'est à dire en fait aux langues d'Etat)... C'est sans doute que vous êtes, sans doute avec raison, un pessimiste. Mon propos ne visait qu'à faire remarquer qu'il appartient à chacun de baisser les bras ou pas dans ce domaine de la préservation des identités locales.

Bien à vous !

(PS: il n'empêche que si nos langues sont comme vous le dites amenées à disparaître, la parenthèse des Etats-nations, qu'on ne sait trop pour quelle raison vous voulez préserver eux, est amenée à se refermer. Qu'on soit pour ou contre, c'est ainsi. C'est le même raisonnement.)

Écrit par : Gurvan Penn Kalet | 01.06.2012

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PS bis : n'est-ce pas une inversion accusatoire que d'accuser les nationalistes ethniques... d'être finalement dignes des stato-nationalistes jacobins français ?

Écrit par : Gurvan Penn Kalet | 01.06.2012

LO dit : "J'entends ici "religion" dans le sens sociologique du terme ("ce qui relit"), pas dans celui qu'en donne les néopaïens (cette "spiritualité" ne reliant d'ailleurs presque personne à qui ou à quoi que ce soit"

Malheureusement vous ne comprenez rien aux paganismes et en parlez avec la même morgue que vous dénoncez dans l'attitude des païens contemporains envers le christianisme. Ce qui fait bien douter de votre volonté unitaire que vous chantiez sur un autre post. Mais à force de vous lire je m'habitue à votre cuistrerie (mais je ne conteste pas la qualité de certaines de vos interventions ici ou ailleurs cela dit).

Bien que beaucoup de païens actuels n'ont pas toujours conscience de ce qu'il y a eu de plus grand dans la paganisme (mais c'est tout à fait normal...), le "paganisme" n'est pas autre chose qu'un lien avec le monde, c'est même le lien. Reliez-vous à votre imaginaire tandis que les païens, du moins ceux qui sont sur la voie de l'éveil, par leur imaginaire, leurs logos, se relient à l'être. Mais il y a une différence fondamentale entre ces deux orientations : la transcendance, qui ne peut qu'être immanente...

Écrit par : Phy | 01.06.2012

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S'engager à débattre sur la langue est toujours périlleux car toucher à la langue c'est toucher à la mère ; dès lors, impossible de raison garder car pour parler un peu comme Camus entre sa mère et la vérité, qui ne choisirait pas sa mère ?

Mais ce débat entre LO et Gurvan est intéressant car il met en évidence la structure fondamentalement réactive de la pensée du camarade Gurvan : affirmation réactive du "néobreton" contre une langue nationale "coloniale" ; concours de "culturisme" linguistique pour exhiber le gros biceps d'une antériorité en vue de rétablir une forme d'ordre moral : moralité d'une langue plus "ancienne", immoralité d'une langue plus jeune, moralité d'une langue humiliée, immoralité d'une langue dominante, moralité d'une langue seule à même de défier le NOM, immoralité d'une langue nationale au service du NOM etc.... moralité dont se moque l'histoire qui est toujours qu'on le veuille ou non celle des rapports de force qui expliquent ce qui fut et ce qui est aujourd'hui : l'écrasement du français par le globish !

On retrouve au fond la même structure que celle sur laquelle repose l'affirmation néopaïenne : antériorité païenne, persécutions chrétiennes, résistance identiatire... De ce point de vue, qu'identité régionale et néopaganisme avancent souvent de conserve n'est pas anodin... D'où l'aveuglement au sens et à la valeur des exemples par lesquels le camarade Gurvan exprime son combat : l'opposition entre le "traité de médecine" breton et le Serment de Strasbourg est de ce point vue doublement exemplaire : que l'acte de naissance "historique" du français se fonde dans un traité "géopolitique" montre bien que la langue française était ici requise au nom de sa capacité à dire, et à participer à, une "vision du monde" pour le peuple et la nation - ce qu'un traité de médecine ou un dictionnaire trilingue malgré leurs mérites et leurs valeurs linguistiques intrinsèques ne réalisent pas... Est-ce que le breton est important pour la médecine ? Est-ce le français est important pour le Serment de Strasbourg ? Répondre à ces questions permet de prendre la mesure de l'enjeu.

Ainsi ce qui est visé n'est pas la vertu linguistique ou littéraire d'une langue mais sa capacité, en la disant, à faire être la vision du monde du peuple : "amour de Dieu", "peuple chrétien", "salut commun", "Dieu comme source de tout pouvoir et de tout savoir", "assistance au frère" (quelques unes des formules du Serment) ; "faire être en la disant" cela désigne autant la capacité prophétique de la langue que la valeur performative du serment : ici le français est moins la langue du sceau que la langue qui scelle ; ici le français est le serment, le "sacramentum", le "sacrement", le "sacré", la consécration de la langue et du peuple qui la parle pour la divinité, "pro Deo amur"...

Pour conclure, si le breton n'est plus qu'une langue pour les seuls "initiés" bretons comme l'indique notre camarade en adressant la phrase en breton à ceux-ci ("un clin d'oeil destiné à certains initiés"), s'il est encore permis de parler de langue bretonne du point de vue linguistique, cet usage quasi-ésotérique est celui d'un idiolecte... Quand l'écart entre la nature et la fonction atteint ces proportions alors la nature elle-même peut en être modifiée.

J'espère que notre ami n'aura pas pris en mauvaise part ces quelques remarques mais elles ne résultent pas d'une réflexion sur le sens ou la valeur du breton (qui me semble comme pour toute langue considérable) mais elles invitent à une analyse des caractérisations par lesquelles le débat s'est déployé. Pour ma part, tant que l'articulation entre le breton et le combat politique reposera sur ces caractérisations, le camarade LO aura raison ; pour lui donner tort, il faudrait interroger et reconsidérer la structure conceptuelle qui jusqu'à aujourd'hui prévaut dans l'affirmation du breton comme langue de l'identité bretonne, comme langue "politique" de l'identité bretonne...

Écrit par : Béroald | 02.06.2012

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Je vous "réponds" brièvement, Béroald : non, je n'ai rien pris en mauvaise part, je comprends bien ce que vous dites et je vois bien les rôles différents que vous attribuez aux langues. Par ailleurs, je ne pense pas que le débat sur la langue soit forcément périlleux, bien moins en tout cas que sur la religion dans nos milieux (pour ma part, j'évite désormais d'en parler, je me suis trop fréquemment fâché avec de bons amis chrétiens). Il est vrai, cependant, que discuter de l'intérêt de préserver du breton avec des Hexagons non-bretons (à l'exclusion des Corses, etc) est quasi-impossible. Certes, je reconnais être réactif et lorsqu'on me dit que pour le bien de la France le breton doit disparaitre (ou qu'on n'a rien contre le fait que les gens parlent breton, mais que ce dernier n'a rien à faire à l'école parce que le français est la langue de la république et que la Bretagne est française)... j'ai du mal à me contenir. Le visage d'un touriste hexagon, qui se plaignait qu'on puisse retirer de l'argent en breton à un distributeur, s'en souvient sans doute encore...

Alors oui, il est vrai que la démarche est parfois, du moins dans un premier temps, d'abord politique : c'est moins le "combat pour la langue" que la "langue pour le combat". Et oui, également, nous vivons nous militants bretons un peu dans un monde "comme si" pour reprendre l'expression de la militante lambertiste jacobine Françoise Morvan. Vous me pardonnerez d'essayer d'être logique dans la démarche, sinon ça n'est pas la peine de parler d'"identité" si l'on n'est pas fichu de parler à sa grand-mère dans sa langue maternelle. C'est ce qui fait que je prends pour des mouvements de clowns les mouvements politiques, qu'il n'est pas besoin ici de nommer, qui utilisent le mot "identité" comme un étendard mais dont les langues bretonne, catalane, occitane,... ne sont utilisées que symboliquement dans des slogans.
Julien avait bien raison, plus haut, d'évoquer la question de la langue dans les démarches de ré-enracinement et de retour à la terre. J'avais trouvé la remarque de LO plutôt étrange. Voilà tout.

Dernière remarque quand même : je veux bien qu'on me parle de "breton moderne" (brezhoneg arnevez), de "breton unifié" ou "standard", mais qu'est-ce que le "néo-breton" ? J'ai fait la connaissance cet été d'un Russe de Kaliningrad parlant ce que l'on pourrait appeler du "néo-prussien", c'est à dire la langue recréée à partir de ce que l'on sait de cette langue balte disparue au XVIIe siècle (peuple borusse ou vieux-prussien). On peut aussi sans doute parler de "néo-cornique". On peut sûrement parler de "néo-gaulois" si l'on parle de la langue employée par le groupe de folk-metal suisse Eluveitie. Mais, le "néo-breton", je ne sais pas ce que c'est. J'écris en breton unifié moderne, mais ça ne m'empêche pas de m'adresser à des bretonnants de naissance. Je ne vais pas dire que ça n'est pas sans difficultés parfois, mais c'est bien la même langue.
Toutes les petites langues d'Europe sont passées par une phase de normisation où l'on a recherché une "pureté" linguistique en excluant le vocabulaire étranger, en créant des mots, etc. Quitte à revenir sur certains choix après lorsque l'on a estimé avoir été trop loin.

Voilà, le breton est un rêveur. Il est entier. C'est ce qui peut le rendre irritable et... irritant pour un Hexagon. Le militant "identitaire" français aime bien le Breton tant qu'il se contente de jouer du biniou et de faire des crêpes, de parler de Brocéliande et des korrigans. Je suis toujours atterré de la vision bécassinesque de la Bretagne qui se dégage des publications "du milieu" (seul fait exception Alain de Benoist qui semble avoir une bonne connaissance de la Bretagne et de l'Emsav).
Sur ce je vais cesser de vous embêter et retourner un bout de jardin. Kenavo deoc'h!

Écrit par : Gurvan Penn Kalet | 02.06.2012

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@ Gurvan Penn Kalet : Parlons de nationalisme régional (ethnique) au lieu de régionalisme si vous préférez, vous avez très bien compris de quoi il retourne de toute façon. J'emploierai l'expression de "nationalisme régional" avec des guillemets qui, s'il ne vous conviendra peut-être pas, a le mérite de faire comprendre à tous ce dont il retourne.

Ma "critique" (qui est plus un constat qu'une critique, quand bien même vous l'auriez pris ainsi) ne se repose pas sur les travaux de Hillard ou de n'importe qui d'autre, je pars d'un constat : si le breton était une langue d'avenir, alors les petits Bretons n'auraient pas à l'apprendre. Cette langue ayant perdu son caractère naturelle, elle me semble à terme condamnée. Si l'on regarde l'histoire des "langues régionales", on se rend compte qu'elle disparaisse toutes, de manière plus ou moins rapide, avec l'apparition de l'État-nation. Or, la nation est le cadre politique de la modernité, pour le pire comme pour le meilleur (à vous de juger), je me contentais d'en prendre acte. L'histoire ne repasse pas les plats et ce combat me semble être autant d'actualité que celui de bon nombre de mes coreligionnaires qui souhaitent rétablir la monarchie. Dans un cas comme dans l'autre, il me semble évident (mais je peux me tromper) que les carottes sont cuites. De là découle ma phrase sur le "coup de poignard dans le dos de l'identité nationale", car il me semble que jouer la carte du nationalisme régional, c'est affaiblir la seule force capable de nous défendre dans les temps que nous vivons. Et c'est pour ça que la défense du français face au globish me semble plus importante que celle des "langues régionales", car le français peut encore être sauvé.

Quant à mes paradoxes, je remarque simplement que ces "nationalismes régionaux" n'apparaissent que très tardivement dans l'histoire (avant, elles sont d'avantage le jouet des puissances qui les convoitent qu'autre chose), et que bon nombre de ces "nations régionales", afin de se donner une légitimité, critiquent l'État-nation, sa centralisation et son uniformisation, mais tout en copiant cet ennemi tant honni (développement de centres urbains, standardisation de la langue sur le même modèle que ce que firent les États-nations trois siècles plus tôt, etc.). Je l'ai peut-être résumé de manière brutale et un peu caricaturale, mais je n'ai pas voulu dire autre chose.

Enfin, votre propos sur les langues d'oïl est typique d'un certain chauvinisme (là encore, on retrouve les tares du nationalisme des États-nations) : sous prétexte que ça ressemble à du français, ce sont des langues de seconde zone. À ce rythme là, le catalan ressemble à de l'espagnol, le corse à de l'italien, on doit pouvoir rattacher le breton à une autre langue celtique, et seul le basque serait vraiment "pur".

J'ai bien compris que vous ne souhaitez pas voir votre langue disparaître, et je ne méprise pas votre combat, je pense simplement que votre combat est voué à l'échec et que d'autres luttes, dont l'issue n'est à l'inverse pas certaine, méritent d'être soutenues. Cela ne veut pas dire que je me complais dans des clichés à l'endroit des Bretons ou d'autres "nations régionales", loin de là, puisque je pense que la richesse de la France est aussi liée à sa diversité (la vraie, pas celle de SOS Racisme). J'espère avoir éclipsé quelques malentendus, même si j'ai bien conscience que nous ne partageons pas le même constat.


@ Phy : le néopaganisme étant une démarche identitaire, elle est donc de fait une démarche individuelle, chacun mettant ce qu'il veut derrière cette spiritualité, ce que vous avouez vous-mêmes en disant "beaucoup de païens actuels n'ont pas toujours conscience de ce qu'il y a eu de plus grand dans la paganisme", preuve de la différence entre l'appréhension que vous en avez et celle de vos autres coreligionnaires. C'est en cela qu'elle ne relie (et non pas "relit", mea culpa) pas les individus entre eux ; il n'y a plus de rites collectifs pour unir une communauté, contrairement au paganisme historique (vous êtes d'ailleurs vous-même opposé aux rites si je me souviens bien, ce qui dénote là aussi d'un certain "individualisme", même si le terme est sûrement trop fort, d'où les guillemets). Quant à votre confusion transcendance/immanence, elle ne met aucunement à l'abri de confondre le sacré et le sublime et de confondre, à terme, la transcendance avec la simple jouissance matérielle (mais nous avons déjà eu cette conversation). Après, chacun est libre de faire ce qu'il veut, mais il y a aussi des réalités à prendre en compte. Ça ne m'empêche pas ensuite de discuter avec des gens qui ne sont pas de la religion que je confesse puisqu'à titre d'exemple, lors de l'apéro MZ, j'ai parler sans animosité aucune avec un chiite, et même avec PGL, c'est dire !


Cordialement,
LO

Écrit par : LO | 02.06.2012

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@LO : Certes, les langues régionales sont mal en point. Mais pour le coup contrairement au paganisme nous ne sommes pas dans la reconstruction, nous sommes au contact de langues vivantes, d'une tradition qu'il est encore possible de recevoir, en ligne directe de nos anciens.

Les langues d'oils sont intéressantes dans le sens ou les jeunes générations peu qualifiées des campagnes les parlent encore plus ou moins (de part leur proximité avec le français) ce sont d'authentiques instruments d'éveil. D'ailleurs à ce titre obliger les gallos à apprendre le breton n'aurait pas de sens, la tradition que eux ont reçu de leurs anciens, c'est le gallo.

Vous devriez comprendre cela, vous qui défendez le christianisme bec et ongles, vous avez accepté la tradition transmise sans la discuter votre foi est "réelle", au contraire de celle du païen qui n'a hérité de rien et qui est dans la pure singerie. Je ne suis plus chrétien depuis quelques années, mais c'est un fait une belle messe (même Vatican II) dite par un prêtre en aube cela me touche. Un type en aube qui gesticule devant un arbre c'est une singerie.

Bref, il y a un élément de tradition ancien et qui peut encore être reçu, c'est cela qui est important. Et puis au titre des remarques blessantes : Le christianisme en Europe est lui aussi voué à être détruit par le monde moderne, comme vous l'avez dit plus haut , on ne repasse pas les plats

Écrit par : Julien | 02.06.2012

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@ Julien : oui les langues d'oïl mériteraient d'être revivifiées, au même que n'importe quelle autre "langue régionale", mais je doute qu'elle persiste comme vous le prétendez : il s'agit désormais d'avantage de français dialectal que de "langue régionale", la grammaire étant la même que le français et ces langues ne s'écrivent plus, signe (à l'époque actuelle) de leur disparition programmée, là où elle pouvait vivre dans une population non-alphabétisée.

Quant à mon christianisme, je me suis converti précisément pour avoir une tradition spirituelle qui me charpente et qui ne soit pas une reconstruction (j'ai même été tenté, très brièvement par le paganisme, avant de m'en détourner) ; du fait du rôle particulier du catholicisme dans l'histoire notre pays, et dans la culture européenne, cela me semblait être à la fois une évidence et une obligation (ça, c'est la partie que je m'explique intellectuellement, et je ne minimise ni ne relativise pas du tout l'impact de la Grâce divine qui a fait l'essentiel). Je pense que le christianisme traverse effectivement une période douloureuse de son histoire, mais je ne le vois pas disparaître à l'avenir, pour la simple et bonne raison que les familles catholiques traditionalistes n'avortent pas et sont rarement enclines à se contenter d'un enfant. Et je pense que face à l'avancée de l'islam et à la déspiritualisation incessante de nos sociétés, certains vont se réveiller et redonner un coup de fouet à cette religion ; si je ne me fais pas d'illusions sur la main tendue de Benoît XVI aux traditionalistes, force est de constater que cet acte traduit l'incapacité de l'Église moderniste à avoir des fidèles vigoureux et qu'elle est obligé de venir les chercher chez les traditionalistes. Et comme disait Sainte Jeanne d'Arc, "en nom Dieu, bataillons hardiment, et Dieu donnera la victoire".

Cordialement,
LO

Écrit par : LO | 03.06.2012

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